Endémo-épidémies et Rationalisation des Mobilités de Travail en Afrique Occidentale Française (AOF), 1920-1958
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Abstract
Afin de s’inscrire dans la logique économique impériale du XXe siècle visant à exploiter les ressources foncières et humaines, la France entame une politique dite de « mise en valeur » des colonies au sortir de la grande guerre. Elle s’appuie pour cela sur une colonisation de plantation et de peuplement. En Afrique occidentale française (AOF), ce projet fut imposé au monde paysan qui fut résolument engagé dans les productions agricoles (arachide, cacao, coton, etc.). Ceci, grâce à une politique coloniale de mobilité qui encourageait les déplacements de la main-d’œuvre de travail des colonies peuplées vers celles à faibles densités comme la colonie du Sénégal. A une période où sévissaient les maladies contagieuses et endémiques (fièvre jaune, variole, maladie du sommeil), ces mobilités ont posé des défis de surveillance sanitaire que cet article propose d’analyser à partir de la situation coloniale sénégalaise.
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In the early twentieth century, France sought to align with an imperial economic logic aimed at exploiting land and human resources through a model of plantation and settler colonization. In this context, it implemented a policy known as “colonial development” (“mise en valeur”) in the aftermath of the First World War. In French West Africa (AOF), this policy was largely imposed on peasant societies already engaged in agricultural production (peanuts, cocoa, cotton, etc.). It relied on a colonial system of labour mobility that encouraged the movement of workers from densely populated areas to less populated territories such as Senegal. At a time when endemic and epidemic diseases (yellow fever, smallpox, and sleeping sickness) were widespread, these population movements posed significant challenges for health surveillance. This article examines these issues through the case of colonial Senegal.